Victor Hugo, les constellations et nous

Victor Hugo, les constellations et nous

« Il remua au fond de son cœur toute sa haine, toute sa méchanceté, et il reconnut, (…) que cette haine, cette méchanceté n’étaient que de l’amour vicié, que l’amour, cette chose de toute vertu chez l’homme, tournait en choses horribles dans un cœur de prêtre, et qu’un homme constitué comme lui, en se faisant prêtre, se faisait démon. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, livre IX 

Ce passage tiré de cet ouvrage formidable, publié au début du XIX ème (1831), situant l’intrigue fin XV ème, met l’accent sur le matériau premier que nous travaillons lors des constellations : comment l’amour s’est transformé en haine, et au-delà, en crimes petits ou grands, meurtres parfois dirigés contre les autres, le plus souvent contre nous-mêmes. (Cela va bien au-delà du cas particulier de l’extrait choisi, de l’influence du dogme sur un de ses serviteurs). Je n’exagère même pas ! La plupart de nos maladies endogènes sont des règlements de compte avec nous-mêmes, et nos comportements agressifs des symptômes de souffrances que nous sommes incapables d’exprimer.

Au fil du roman, dans cette ténébreuse plongée dans les méandres de l’âme humaine, on voit se développer les mécanismes qui enchainent nos âmes lorsque nous perdons le contact avec celles-ci. Comment alors la perversion prospère, et détruit tout sur son passage, comme un raz-de-marée. Point de jugement moral : l’observation des faits. Libre à nous d’en faire ce que nous voulons : choisir de vivre l’enfer, ou construire notre paradis.

Là intervient la morale, mais celle que nous élaborerons nous-même, au travers de notre libre arbitre, en cohérence avec notre vérité. Pas celle imposée par une religion, un régime politique, un système de valeur à un instant T de l’histoire, obsolète demain. Celle qu’au fil de nos recherches, nous pourrons construire sur des bases solides, basées sur un écoulement fluide de l’essence même de la vie : la vibration d’amour. Celle que nous pourrons alors offrir à nos enfants comme un écrin paisible, témoignage de notre expérience. Ils pourront alors, dans cet espace relatif et ouvert, construire leurs propres valeurs, autant que possible exemptes des carcans dont nous avions hérité. Nous pourrons alors, et alors seulement, espérer voir la violence diminuer dans ce monde.

Yves Mourre

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